dimanche, 05 mars 2006
Où va la Côte d’Ivoire ?
Dotée d’un nouveau Premier ministre, désigné le 4 décembre dernier, et d’un gouvernement de consensus (constitué le 28), la Côte d’Ivoire donnait l’impression, au tout début de cette année, qu’elle était sur la voie de la guérison. Mais après l’éruption de violence qui l’a secouée à la mi-janvier, tout le monde s’est mis à craindre que le pays ne soit pas libéré complètement de ses démons.
Alors, un peu partout, on s’interroge : ce grand pays d’Afrique de l’Ouest est-il en train de sortir de sa crise, comme on l’a pensé ? Ou bien est-il si malade qu’il demeure exposé à une rechute ?
Selon moi, la Côte d’Ivoire est, depuis la fin 2005, sur la voie de la guérison : des minicrises, comme celle que le pays a connue il y a une quinzaine de jours, il y en aura encore, mais elles seront de moins en moins dangereuses. Le processus de sortie de crise enclenché à la fin de 2005 a donc, à mon avis, de bonnes chances d’aller à son terme.
Je fonde ce pronostic optimiste sur les quatre indications suivantes.
Très bien placé pour formuler un diagnostic juste et bon analyste de la situation de son pays, le président Laurent Gbagbo dit à ses interlocuteurs, avec une évidente sincérité : la guerre (civile entre les deux parties du pays), elle, est terminée ; il nous reste à résoudre la crise.
Deux des principaux protagonistes de cette crise, l’ancien président Henri Konan Bédié et l’ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, qui s’étaient éloignés physiquement du pays depuis près de trois ans, sont rentrés à Abidjan (le premier dès septembre 2005, le second tout récemment, le 25 janvier 2006). S’ils ont décidé, l’un après l’autre, de franchir ce pas important, c’est qu’ils ont senti qu’il leur fallait être à pied d’œuvre pour participer à la sortie de crise.
Ni Gbagbo, ni Bédié, ni Ouattara - ni Guillaume Soro, le leader de la rébellion - n’ont inscrit à leur programme de 2006 d’en découdre (avec l’adversaire). La crise les a fatigués, ainsi que leurs troupes respectives. Ils sont animés par la volonté de lui trouver une issue, et chacun d’eux croit que l’élection présidentielle en est une… qu’il peut gagner.
L’ONU, l’Union africaine, la Cedeao et la Francophonie ont désormais une bonne connaissance du problème ivoirien et sont d’accord sur la solution à lui donner. Il leur suffit de mettre en œuvre les moyens dont ils disposent en Côte d’Ivoire même pour que le processus de sortie de crise ne dérape pas…
par BÉCHIR Ben Yahmed
CÔTE D'IVOIRE - 29 janvier 2006
22:17 Publié dans Abidjan , Afrique , Blog , Côte d'Ivoire , Voyage , Web , Yamoussoukro | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Tourisme
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« On mouilla l’ancre en rade, assez loin de la plage où la houle se transformait en une barre bruyante. De la ville, on ne voyait presque rien : quelques maisons et une jetée en pilotis où accostaient les chaloupes.
Ou plutôt, elles n’accostaient même pas, à cause du ressac. C’était une manœuvre plus compliquée, la même qui commençait à bord.
Les embarcations, montées par des indigènes, se tenaient à l’arrière, à hauteur du mât de charge. Les passagers, qui débarquaient, s’installaient dans une sorte de nacelle assez ridicule, rappelant les balançoires de la foire du Trône.
A l’aide de palans, cette nacelle s’élevait, se promenait un moment en l’air et venait se poser dans une barque.
Au bout de la jetée, la même opération recommençait. Une grue enlevait nacelle et passagers pour les déposer sur la terre ferme.
Cela dura des heures. La chaleur était plus intense qu’ailleurs. Le bateau était sur ses ancres, le roulis était très sensible et on voyait les passagers promener des visages pâlis par une sourde angoisse. »
C’est ce même système qui était en service en baie de Sassandra. Certains européens, dont le planteur Félix, se souviennent avoir débarqué, pour lui en 1951, pour la première fois sur le continent africain par ce moyen.
Le même planteur a conservé la dernière nacelle dont la photo est reproduite ci-dessus.
A noter : le wharf (la « jetée », dit Simenon) de Sassandra est le dernier qui subsiste en Afrique de l’Ouest.
Extrait de «45° à l’ombre»
Georges Simenon
Gallimard, 1936
Ecrit par : Escale à Port Bouët | mardi, 04 avril 2006


